Deaf Tons

Deaf Tons
Grosses guitares et rythme implacable, Will Haven ouvre le bal par une prestation plutôt moyenne. Non pas que le groupe soit immodérement mauvais, il est même plutôt agréable à l'écoute mais le manque total d'originalité est flagrant. Le chanteur chante, justement, à la Chino tout le set, les riffs sont empreintés à un KoRn privé de son groove inné... Sans compter sur un son plutôt médiocre. Enfin bref, la première partie joue son rôle, elle chauffe un peu, mollement, le public en attendant l'arrivée sur scène des maîtres.

Korea ouvre les hostilités splendidement et, à peine les premiers accords assénés, le public réagit. Le ton est donné, du premier rang au fond de la salle, tout le monde est là pour une chose: bousculer (amicalement bien sûr) son voisin. Contrairement à ce que j'avais prévu, et pour mon plus grand bonheur, le groupe joue une énorme majorité de titre de White Pony et d'Around The Fur, occultant totalement le décevant Deftones. En outre, malgré sa réputation de chanteur aléatoire, Chino assure plutôt pas mal ses lignes de chant et évite de nous assourdir avec les fameux cris de dauphin qu'il a l'habitude de faire. Alors que son dernier album était à mes yeux en demi-teinte, les chansons les plus calmes sont jouées à des moments stratégiques, permettant au public de reprendre son souffle avant de retourner au combat. En somme une setlist quasi-parfaite, Be Quiet And Drive, Bored, Change en rappel etc ... Rien à déplorer mis à part un son imparfait et la présence de quelques crétins décidement venus avec l'intention chercher la baston... Une très bonne soirée en compagnie de mon frangin (ce concert était en fait mon cadeau de Noël ^^), Deftones est décidément un groupe incontournable de la scène métal américaine, il a su dépasser le carcan du néo-métal pour aboutir a un résultat inoubliable, plus encore en live.

# Posté le samedi 24 mars 2007 16:26

Modifié le samedi 24 mars 2007 16:39

Unaa 'bi-neurones'

Unaa 'bi-neurones'
Un chien c'est quand même très con. Une chienne, c'est encore pire. Alors quand en place on a une chienne de type bichon maltais (race exacte inidentifiée), c'est-à-dire ce que j'appelle généralement et pour faire court, un chien de mémé, il ne faut guère s'attendre à de brillants moments intellectuels.

Mais le problème c'est que ce n'est pas une chienne, mais ma chienne. Et par cette appropriation incongrue, je change tout. Par la propriété privée, je m'accappare cette petite bête de poils, et en échange de quelques services que je lui rend occasionnellement (la sortir, la nourrir, jouer avec) la youyoune me donne de l'amour. En théorie. Parce de facto, je peux toujours courrir.

Mais bon, aux dernières nouvelles, l'amour c'est pas forcément réciproque, j'en conclue donc que quand bien même l'abrutie s'en taperait de moi, je persévererai dans cette voie. Car Unaa, je te le dis (si tu me lis :) ), c'est toi que j'aime le plus au monde. Ton regard malicieux, toutes nos nuits délicieuses et ton sourire niais font de toi le prototype parfait de la chienne idéale (et ce n'est pas Hugo qui me contredira, la présence de ladite chienne l'ayant, semble t-il, marqué à vie). l

# Posté le mercredi 14 mars 2007 14:42

Modifié le vendredi 16 mars 2007 19:39

S'exploser sans le sky (l'art de décoller sans séquelles)

Date de sortie: Février 2007
Genre: Post-rock lyrique
Groupe: Explosions in the sky
Album: All Of A Sudden I miss everyone

1- The Birth and the death of the day
2- Welcom, ghosts
3- It's natural to be afraid
4- What Do You Go Home To?
5- The Catastrophe and the cure
6- So Long lonesome

Instrumentale, la musique d'Explosions In The Sky instrumentalise avant tout nos passions. Sur fond de guitares cristallines, le combo a toujours su trouver sur la scène post-rock une identité qui lui est propre, onirique quand la plupart des combos sont atmosphériques. Après avoir sorti en 2003 l'excellent The Earth Is Not A Dead Cold Place, qu'on croyait déjà être leur sommet, les texans reviennent en ce début d'année avec All Of a Sudden I Miss Everyone.

D'emblée, le groupe nous plonge dans son unviers particulier, mais alors que tout est, dans le fond, toujours pareil, l'ébahissement domine. Le groupe a poussé au sommet son art, les paysages se multiplient dans l'ouverture The birth and the death of the day, on est balloté, comme un gosse flottant au dessus des nuages... Tout en préservant une cohérence évidente avec l'album précédent (Welcome, ghosts et le délicieusement énervé The Catastrophe and The Cure) le groupe essaie d'évoluer, significativement. Taxés par ses détracteurs de groupe passe-partout digne des pubs Air France, le groupe va chercher une bouffée d'air par un nouvel élément: l'ajout d'un piano sur certain morceaux.

Loin d'être anecdotique, ce changement bouleverse l'oeuvre du quartet. Lugubres à la Godspeed You Black Emperor! sur l'intro de It's Natural To Be Afraid, mélodiquement et mélancoliquement évident sur What Do You Go Home To? et enfin tels des flocons de neige sur So Long, lonesome; le piano ajoute au groupe ce qui lui manquait. Les mélodies sont sublimées par quelques touches qui permettent de donner corps à l'ensemble de l'album, d'ailleurs conçut comme un seul bloc, les chansons s'enchaînant limpidement.

Encore plus déchirant mais aussi plus empli d'espoir qu'à l'accoutumée, EITS parvient à conserver sa particuliarité stylistique tout en poussant le concept plus loin encore et signe là son meilleur album pour le moment. Le groupe s'est décidement installé parmi les leaders d'un genre musical en déperdition en renouvelant son approche même, et signe par là un des albums clés de ce début d'année.

Note de l'album: 9/10
S'exploser sans le sky (l'art de décoller sans séquelles)

# Posté le mercredi 14 mars 2007 14:29

Modifié le vendredi 16 mars 2007 18:13

David Lynche (quand Inland empire)

David Lynche (quand Inland empire)
Date de sortie: 7 février 2007
Réalisateur: David Lynch
Acteurs: Laura Dern, Justin Theroux, Jeremy Irons
Film: Inland Empire

Perplexe, sans répères, ébahi. A la sortie d'un film, si c'en est encore un, pareil; ce sont les seuls sentiments qui peuvent raisonnablement nous envahir. Atypique, David Lynch l'est indéniablement. Il fait partie de la poignée de réalisateurs capables de laisser leur trace toutes leurs réalisations, un réalisateur à univers en somme. Et bien que certains de ses films aient déjà été considérés comme barrés, celui-là est complétement à côté de la plaque.

Classiquement, ce qu'on attend d'un film c'est de nous divertir, de nous enrichir, voire de nous faire réfléchir. Or Inland Empire, c'est un peu comme un sombre puzzle, qui en plus d'être éclaté en mille morceaux inconciliables, serait incomplet; comme si même restitué l'image même du puzzle était incompréhensible... Certes les pièces ont pour point commun d'être toutes sombres, angoissantes et porteuses d'un funeste message, mais il est malaisé d'en percevoir le sens véritable. En plus d'être décousu, ascénaristique en fait, le film multiplie les aller-retours sans boussole aucune, entre le passé, le présent, le futur; le rêve, et la réalité, les Etats-Unis et la Pologne... Face à un tel méli-mélo, à priori, le spectateur s'asphixie.

En fait, c'est acculé que le spectateur, passif, se libère. Ses neurones, sollicitées comme jamais elles ne l'ont étées, il prend conscience que rarement un réalisateur n'aura poussé la vertu de son oeuvre aussi loin, rendu sa production interactive. L'interlocuteur du film n'est plus celui à qui l'on donne la confiture la gueule ouverte, il est celui qui en choisit le parfum. En ce sens, Inland Empire est un film librement déterminable, non pas dans l'atmosphère, où il penche clairement du côté de l'oppression claustrophobique voire schizophrénique, mais du côté du scénario où chacun, par bribes, reconstituera librement son tableau...

Comme un majeur levé à l'industrie du cinéma, aux pontifes hollywoodiens, le film se veut finalement plus comme une remise en cause du système actuel, comme une remise en cause de la fonction de film. Et ça, c'est avant tout un fuck dans le respect de la rock'n'roll attitude, comme j'aime!

Note: 8/10

# Posté le mardi 27 février 2007 17:16

Feu aux manchots!

Date de sortie: 19 février 2007
Label:Century Media
Genre: Stoner punkisé
Groupe: Fu Manchu
Album: We Must Obey

1-We must obey
2- Knew It Allong
3-let me out
4- hung out to dry
5-shake it loose
6-land of giants
7-Between Lines 8-Lesson
9- Moving In Stereo
10- Didn't really Try
11- Sensei vs sensei


Tourner en rond, quand on est défoncé, c'est presque normal. Le stoner est né des cendres du désert et des cendres bienfaisantes du dieu ganja, ceci expliquant cela... Les vastes étendues sableuses américaines ont engendré certains des plus grands albums de ces dernières années, notamment via Kyuss et son bébé, Queens Of The Stone Age, mais il a aussi amené sur le devant de la scène une foultitude de groupes persuadés que reprendre avec le son le plus gras possible la musique de Black Sabbath était une fin en soi.

Fu Manchu est depuis ses débuts une des formations phares du la scène Stoner américaine et après un Start The Machine en demi-teinte en 2004,le groupe revient en ce début d'année avec un album purement rock'n'roll. Si certains groupes de stoner jouent la carte de l'expérimentation ou teinte leur musique d'éléments psyché, Fu Manchu joue à fond, tout simplement. La voix de Scott Hill se fait rageuse, impulse la dynamique d'ensemble. Compact, l'album se veut stoner (il suffit d'écouter l'halluciné Let Me Out, le punkoïde Between the lines) de bout en bout, ponctué par quelques légères accentuations space-rock, comme sur Hung Out To Dry et son riff robotique ou Shake It Loose et ses effets sur la voix au refrain, à peine ou sur quelques baisses de tempo (voir le pachydérmique Land Of Giants). En outre, l'album n'est pas dénué d'humour, comme l'atteste le presque hard FM Moving In Stereo.

Les groupes qui parviennent sans forcer le trait à dégager un tel groove tout le long d'un album, et qui ne s'abaissent pas à inclure des passages mielleusement mélodiques se font malheureusement trop rares de nos jours, c'est pourquoi il faut prendre We Must Obey pour ce qu'il est: un excellent album de stoner et nous laisser aller à l'obligation qu'on a de bouger frénétiquement la tête...

Note de l'album: 7/10
Feu aux manchots!

# Posté le jeudi 22 février 2007 06:19