Ayant pour objectif inaouvé de m'en prendre plein la gueule, j'ai décidé au lendemain du premier tour, de consacrer un article à un sujet qui m'est cher: la vie politique de ce pays. A titre personnel, les résultats du premier tour me semblent parfaitement satisfaisants pour plusieurs raisons:
1) un taux de participation très élevé (près de 87% quand les américains ont 50% d'abstention)
2) l'effondrement du FN (sans doute au profit de Sarko...) qui tombe à 10%
3) le retour de la gauche au second tour (avec près de 25%, score inégalé depuis Mitterrand)
4) l'émergence d'un parti social-démocrate au centre grâce à la victoire de Bayrou, c'est à dire un parti libéral mais non enfermé dans les dogmes de la droite, et avec qui il faudra gouverner, avec comme résultat un recentrage de la politique française, quel que soit le candidat élu ( et si le succès de l'UDF se confirme aux élections législatives).
Pour toutes ces raisons, ce premier tour me satisfait globalement. Cependant le tableau n'est pas non plus totalement rose, et il faut à mon sens insister sur les aspects négatifs du scrutin:
1) le score énorme de Nicolas Sarkozy ( un tiers des électeurs dès le 1er tour!, je regrette le virage à droite ici amorcé)
2) l'effondrement du l'extrême gauche (mis à part Besancenot), qui entraîne toute possibilité d'organiser une gauche plurielle comme sous le gouvernement Jospin
3) le dérisoire score des Verts: la France n'est pas encore prête pour la révolution écologiste comme ce fût brillament le cas en Allemagne...
De ces résultats je tire la conclusion suivante: pour battre Sarko, Ségolène va devoir rallier une grande partie de l'UDF, voire (et ça me fait d'ailleurs un peu mal de l'avouer) les électeurs du FN refusant de voter Sarko à cause de ses origines hongroises (j'espère que leur nombre est dérisoire), les gauchistes s'étant déjà pratiquement rallié au "front anti-sarko".
Car, je me refuse fatalement à accepter les sondages qui donnent unanimement Sarko vainqueur. Je refuse de croire que la seule solution pour l'avenir de la France soit l'atlantisme, l'autoritarisme, le multiculturalisme, la politique qui se fait dans le dos des français (l'adoption du traité constitutionnel européen par voie parlementaire), le bouclier fiscal à 50% etc... Sans vouloir plus m'étendre, et parce que je me refuse à accepter ce projet de société, j'appelle de mes voeux la formation d'un grand front "anti-sarkozy allant de la LCR à l'UDF, et même si cet espoir à peu de chances de se concrétiser (Bayrou ne va visiblement pas céder maintenant alors qu'il est en position de force), il reste le seul moyen de battre Sarko. Sans compter sur les stages intensifs d'éloquence que devra prendre Ségo pour éviter de perdre 3% à chaque nouvelle intervention...
A défaut d'un gigantesque élan d'enthoutiasme pour Ségo, j'éspère que le consensus se fera contre Sarko, parce que cette France n'est pas celle des Lumières, sauf peut être si les cités s'embrasent (ce qui risque d'arriver en cas de victoire de Sarko). Je rejette toute fascisation du personage mais il faut admettre qu'il chasse plus sur les terres de l'extrême droite que celles du centre: est-ce la France que vous voulez?
Au risque de me faire insulter, et en éspérant vous faire réagir, je n'ai que deux mots à ajouter: tous ségo!