Fureur divine

Fureur divine
Qui aurait pu s'attendre à trouver en première partie d'Isis, un groupe si décalé? Arrivé BCBG, l'imposant chanteur d'Oxbow se met à nu, au sens propre comme au sens figuré. Car si les cris stridents semblent constituer le seul mode d'expression du molosse, il ne parvient pas moins à dégager une énergie à la limite entre désespoir et sensualité. Les musiciens, sans être strictement épatants, délivrent un noisecore honnête. Quoique certains passages puissent être un peu longs, le groupe envoute grâce au charisme et la présence scénique du chanteur. Une première partie intéressante, en somme, sans être la révélation de l'année.

Puis le monstre arrive, implacable. Servi par un son puissant, Isis, groupe phare de la scène postcore et modèle même d'intransigeance artistique envoie dans les sphères les plus hautes grâces aux planants Wrist of Kings et Not In Rivers, But In Drops, lesquels ouvrent avec brio le dernier album du quintet. La setlist est idéale, le groupe joue les classiques mais indétronables The Beginning And The End et Celestial (the tower), et va même jusqu'à se payer le luxe de jouer un morceau bruitiste issu du mini-album Signal 05. Sur le rythme chaloupé de la batterie, on se laisse aller à l'évasion, les longues structures répétitives et obsédantes aidant. En bref, un coup de massue qui a de quoi percer les tympans pour au moins une semaine, quand on a l'outrecuidance de se placer aux premiers rangs sans boules quiès...
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# Online seit Dienstag, 12. Juni, 2007 um 17:03

Geändert am Mittwoch, 13. Juni, 2007 um 20:45

Fillon, ferme tes...

Fillon, ferme tes...
Le vieux sapin de Noël et son époux ont enfin quitté les lieux, pour laisser la place à la pire des harpie et au jeune loup aux dents les plus longues il y a maintenant quelques jours. La cérémonie , émouvante à souhait, en bouleversera plus d'un: Nicolas a osé embrasser sa rombière tout de suite après son intronisation faisant fi du protocole! A l'instar des feux Kennedy, le couple Sarkozy sera glamour ou ne sera pas. Rendant un vibrant hommage à la résistance via un discours digne des litanies Bushiennes et se prenant moult bains de foule comme pour honorer son rêve de toujours...

Mais passé la première plaisanterie, et l'espoir qu'un attentat retentira lors d'un cérémoniel républicain aussi affligeant; il faut quelques jours pour décuver. Sans surprises, Fillon a été nommé Premier Ministre, ne s'agit-il pas du super héros qui a osé réformer les retraites, mesure délicate mais nécessaire? Il s'est sans doute le moins haï des UMPistes... par les anti-sarkozistes.

Outre ce choix stratégique, Sarko a placé sa garde rapprochée: Brice Hortefeux, qui suit une ligne droite intangible, est chargé de prendre en main le très controversé ministère de l'Immigration et de l'Identité Nationale. Au départ pressentie pour ce poste, Rachida Tahi, zèle porte parole à la langue qui fourche trop facilement (elle parlait de "ministère de la rénovation urbaine à coup de Kärcher") est finalement désignée pour s'occuper du ministère de la Justice. Xavier Bertrand s'occupe lui du ministère du Travail et des relations sociales: Sarko a bien placé ses pions.

Quelques poids lourds sont également présents, en vrac: Alain Juppé au ministère du développement durable, MAM à l'Intérieur et le si populaire Borloo au Ministère de l'Economie et des finances. La rupture est indéniablement tranquille...

Enfin pour ce qui est de l'ouverture Sarko a bien sûr laissé une place au traitre Besson, qui a retourné sa veste trop vite pour être crédible, il a pris quelques socialistes peu attachés à l'appareil PS comme Martin Hirsch, ancien président d'Emmaüs, s'est vu confier un poste pour lutter contre la pauvreté et, cerise sur le flan au caramel, Bernard Kouchner est aux affaires étrangères où on espère qu'il sera se montrer aussi compétent qu'il l'a été avec MSF et au sein de l'ONU. Le MoDem, mort-né, ne s'est fait débaucher que le seul Hervé Morin à la défense. Parmi la majorité élargie, le pôle hors UMP apparaît surtout comme des miettes aux pigeons, pour priver le PS d'un argument de campagne mais ne vous laissez pas berner.

Toute démocratie a besoin de contre-pouvoirs: espérons que, même si les jeux semblent faits, que l'UMP n'obtienne à l'Assemblée Nationale une majorité trop écrasante, ou plus rien ne garantira que le gouvernement oublie qu'il est avant tout le représentant du peuple et pas le jokey d'un canasson trop stupide pour comprendre où il doit avancer tout seul...

# Online seit Sonntag, 20. Mai, 2007 um 06:11

Geändert am Sonntag, 20. Mai, 2007 um 19:39

Le Petit Nicolas

Le Petit Nicolas
Ce 8 mai, je tenais juste à avoir une petite pensée pour notre nouveau et bien aimé président, qui s'attèle en ce moment même, à Malte, à récompenser ses plus fidèles en leur promettant les désormais très convoités postes de ministres.

Dimanche, la France a parlé de sa voix souveraine et a choisi en son âme et conscience. L'écart des scores entre Sarko et Ségo est tel qu'on ne peut remettre en cause la légitimité de cette élection. La France a surtout montré sa soumission, car cette victoire était annoncée depuis belle lurette. Sarko a été élu en jouant sur les thèmes qui réflètent l'Etat d'esprit actuel: l'identité nationale (contre les méchants immigrés qui refusent de s'intégrer), le travail (le refus de remettre en cause les inégalités), la préeminence économique (sur l'objectif écologique).

Bref, mon choix est fait: je rejoins la LCR.

# Online seit Dienstag, 08. Mai, 2007 um 07:26

Jeune et Con

Jeune et Con
Film: Une Jeunesse Chinoise
Réalisateur: Lou Yhe
Casting: Hao Lei, Guo Xiao Dang
Date de sortie: 18 Avril 2007
Genre: Drame

Il est des films interminables qu'on voudrait voir s'achever dans la plus grande hâte. Une Jeunesse Chinoise est de ceux-là. L'histoire suit la trépidante vie amoureuse d'une jeune étudiante pékinoise qui quitte la douceur de son village natal pour attérir dans la grande jungle que semble être l'université. En fait, l'absence totale de ligne scénaristique stable donne la nausée (on va de faux-vrais rebons en faux-vrais rebonds).

A coup de scènes erotico-réalistes à gogo et de dialogue de sourds, le réalisateur semble vouloir installer une atmosphère des plus prenantes. Mais je ne vois là qu'une vaine tentative de vouloir masquer le manque de profondeur du film, l'ennui le plus total qui s'en dégage, par le brouillard qu'est le flou artistique tellement en vogue. Une Jeunesse Chinoise est surtout un film snobinard, destiné à rassurer les défenseurs du "vrai cinéma d'auteur".

Tout juste pourra t-on accorder au film le mérite d'avoir su braver la censure chinoise en abordant les sujets tabous que sont le sexe et les massacres de Tien An Men qui sous-tendent le film. Mais 2h20 étaient elles nécessaires pour si peu? Faire un film long est-ce faire un grand film? Pour ma part, j'ai surtout ressenti en regardant ce film une impressionnante émanation d'arrogance.

Note: 4/10

# Online seit Dienstag, 08. Mai, 2007 um 07:16

Low, raison funèbre

Date de sortie : 19 mars 2007
Label: Sub Pop
Album: Drums & Guns
Groupe: Low
Genre: Slowcore (post-rock vocal et minimaliste)

1- Pretty People
2- Belarus
3- Breaker
4- Dragonfly
5- Sandinista
6- Always fade
7- Dust on the Window
8- Hatchet
9- Your Poison
10- Take Your Time
11- In Silence
12- Murdere
13- Violent Past

Avis aux dépressifs en herbe, le nouvel album de Low est arrivé. Sorti d'un an d'une dépression totale, Alan Sparhawk a tenu à marquer le coup en sortant un album plus sombre qu'à l'accoutumée.

Cette fois, le groupe a cherché à remettre en cause sa manière de composer. Certes, les tristes représentants du Minnesota ont conservé leur attrait pour les somptueuses harmonies vocales basées sur la complémentarité des voix du couple, Sparhawk et Mimi Parker. Certes les compositions sont toujours aussi minimalistes comme sur le poignant Dragonfly, où seules quelques notes de synthé colorent un fond rythmique post-apocalyptique. Les paroles sont plus pessimistes que jamais (« All the babies, they all gonna die » clame Sparhawk en guise d'ouverture de l'album. Le splendide Murderer dénote de cet état d'esprit angoissant, dans la lignée des précédentes offrandes du sacro-saint groupe.

Mais jouant de boîtes à rythme et misant sur le format court le groupe poursuit son périple entamé avec le très pop The Great Destroyer, laissant sur le bord du chemin les puristes des anciens efforts. Low délaisse l'aspect purement instrumental, et l'usage de l'outil électronique lui ouvre de nombreuses possibilités : sur Belarus ou sur Always Fade, le groupe installe une ambiance electro classieuse. Plus direct que jamais, le groupe a acquis avec l'expérience le don d'instaurer les plus prenantes atmosphères en l'espace de quelques minutes à peine.

Sans changer radicalement la substance de sa musique, Low a toutefois considérablement enrichi sa discographie en sachant se renouveler sans se trahir. Drums And Guns est digne des albums auxquels il succède.

Note de l'album : 8/10
Low, raison funèbre

# Online seit Donnerstag, 26. April, 2007 um 20:14